Dossier sur la psychothérapie

La psychothérapie est une pratique à la fois diverse et complexe. Cette série d’articles tente d’en cerner les contours et les enjeux en cherchant à rester clair et au plus près de la pratique.

Mark Rothko, Orange et jaune

En voici les grands thèmes:

  • Vidéo sur le déroulement d’une thérapie:

Compréhension du processus thérapeutique

 

  • Les premiers temps d’une thérapie et les abandons thérapeutiques précoces:

L’arrêt précoce de la thérapie

Pourquoi certains patients abandonnent-ils leur thérapie dès les premiers entretiens?

 

  • Présentation de deux ouvrages récents sur les psychothérapies:

F. Parot, L. Fouré, S. Demazeux. Les Psychothérapies, fondements et pratiques. Belin, 2011

Pierre Gaudriault et Vincent Joly, Construire la relation thérapeutique, Dunod, 2013.

Le psychodrame shadok

Après avoir découvert les angoisses shadok (cf. la psychologie shadok) , les médecins shadoks (les shadokons) ont mis au point une thérapie extrêmement puissante : le psychodrame shadok. Toute ressemblance avec des psychothérapies humaines existantes ou ayant existées serait purement fortuite..

 

Dossier thérapies exotiques: 4. le rebirth

De retour après une coupure estivale, voici une série de vidéos consacrée à la diversité des thérapies. Revenu d’un voyage au bout du monde (ou de dailymotion, je ne suis plus très sûr), je vous ai rapporté des vidéos de pratiques étonnantes, étranges voire carrément inutiles, mais qui, j’espère, ne vous laisseront pas insensibles.

Pour ce quatrième chapitre de notre dossier, nous allons nous pencher sur le cas d’une thérapie moins exotique mais plus controversée : le « rebirth« , aussi appelé « respiration consciente ».

Le rebirth s’appuie sur une technique de respiration (en fait d’hyperventilation) qui modifie l’état de conscience de celui qui la pratique. Le but est de libérer des « émotions négatives » gardées enfouies suite à différents traumatismes. Chez le premiers penseurs du « rebirth » le but était de se libérer du premier traumatisme à savoir la naissance. Traumatisme qui conditionnerait toute l’existence de l’être humain. On retrouve là l’influence d’Otto Rank et de son livre éponyme (Le traumatisme de la naissance. 1924).  

Le rebirth doit bien sûr également beaucoup aux exercices de respiration qu’on retrouve dans la pratique du yoga ou dans le taoïsme. Toutefois la visée de ces exercices est profondément différente puisqu’elle n’a plus pour but d’atteindre l’ataraxie mais s’intègre dans une description (discutable et discutée :-)) de l’existence.

Aujourd’hui la pratique du rebirth semble avoir évolué. Son but est d’apprendre au patient à intégrer dans son fonctionnement des tensions ou des traumatismes passés et inconscients. Au départ l’idée était, dans une visée cathartique, de faire revivre au patient ces expériences traumatiques. C’est visiblement moins le cas aujourd’hui et, pour certains praticiens, la relaxation par la respiration consciente a pour but d’être une expérience agréable et non une expérience cathartique. 

Le rebirth est une pratique critiquée  pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord, l’hyperventilation peut provoquer des crises de spasmophilie, notamment lorsque les patients font ressurgir des événements particulièrements traumatiques.

Ensuite si les événements évoquées sont d’ordre délirant, le risque de décompensation peut être grand.

 Enfin, le rebirth a été récupéré par de nombreux mouvements New Age plus ou moins sympa et plus ou moins sectaires. En 2000, dans le Colorado, un enfant de 10 ans trouva la mort lors d’une séance de rebirth. Les patients étaient recouverts sous un tas d’oreillers sur lesquels s’asseyaient des adultes et retrouver le chemin vers la sortie pour « renaître ». Malheureusement l’enfant n’a visiblement pas retrouvé la sortie et les deux thérapeutes furent condamnés à seize ans de prison.

Pour ne rien arranger, l’Eglise de scientologie fait du rebirth l’une de ses principales pratiques sans qu’on sache très bien ce qu’elle désigne par ce nom.

 

Pour finir, voici une petite vidéo qui se veut un guide pour une expérience de rebirth, façon séance de relaxation (je ne sais pas si c’est très représentatif mais je n’ai pas mieux…).

 

Dossier thérapies exotiques, suite:

1. L’apnée thérapie

2. Olfactothérapie

3. Corde à sauter thérapie

4. Le rebirth

5. Qu’est-ce que les thérapie?

Psychothérapie et sectes

Le débat sur le titre de psychothérapeute revient à l’ordre du jour avec le récent rapport de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) sur les phénomènes sectaires. Ainsi, il apparaît qu’un grand nombre d’acolytes sont recrutés par des soi-disant « psychothérapeutes » et ce à travers des méthodes très particulières.

On peut relever l’exemple des cas de faux-souvenirs induits. Le psychothérapeute réussi à convaincre le patient, grâce à son pouvoir de suggestion et à une manipulation subtile, que tous ses maux sont en fait liés à des traumatismes (notament des abus sexuels) qu’il a subi dans l’enfance et qu’il a refoulé et occultés et qu’il faut maintenant remémorer pour guérir. Cette technique a été à l’origine de nombreuses fausses accusations d’abus sexuels tant aux États-Unis qu’en Europe (cf. The myth of repressed memory, Elizabeth Loftus & Katherine Ketcham, 1994).

Cet exemple illustre bien le mauvais usage qui peut encore être fait du titre de psychothérapeute, non-protégé et non-réglementé. À ce sujet, le rapport de la MIVILUDES nous offre quelques données intéressantes:

Les psychothérapeutes, « des praticiens rémunérés pour leurs psychothérapies, quelle(s) que soi(en)t leur(s) méthode(s), leur profession ou leur formation d’origine » seraient entre 10000 et 15000 en France dont 10 à 15% de médecins, 20 à 30% de psychologues, 20% de travailleurs sociaux, 20% de professions paramédicales et 10 à 15% d’origines diverses.

« Ce panorama des métiers de l’accompagnement psychologique met en évidence une insuffisance voire une absence de formation initiale dans les disciplines concernées.(…) »

« Ce constat, s’il ne doit pas aboutir à la conclusion hâtive que la moitié des psychothérapeutes aurait des pratiques charlatanesques et dangereuses, est néanmoins un facteur de risque aggravé dans ce secteur de prestations où l’appelation de « psychothérapeute » n’est pas encore encadrée ».

« Dans ces conditions, le choix éclairé d’une psychothérapie n’est pas sans risque dont celui de l’emprise mentale dans le cadre d’une dérive sectaire ».

La question du cadre réglementaire du titre de psychothérapeute reste totalement d’actualité. Une réflexion approfondie et des mesures concrètes sont urgentes car les victimes des faux psychothérapeutes sont déjà trop nombreuses.

Duarte Rolo

« Il faut que ça change! »

« Il faut que ça change! » disent certains thérapeutes à leurs patients, comme si cette injonction était la clé de la guérison. La procédure est souvent la même: amener le patient à une prise de conscience de ses problèmes, lui montrer qu’il à des comportements, perceptions ou habitudes erronées, lui prescrire un chemin à suivre et surtout bien lui faire comprendre que s’il ne va pas mieux c’est de sa faute! Si on résume, on dit au malade (qu’on traite au passage d’une façon légèrement infantilisante…): « si vous êtes malade c’est que vous n’êtes pas suffisament motivé pour guérir, faites des efforts » et « il suffit de vouloir pour aller mieux », tel un self-made man engagé dans sa quête individualiste de succès.  

Cette conception de la psychothérapie – basée sur la modification des comportements que le thérapeute omniscient juge inadaptés et hors la norme – ressemble étrangement à d’autres modus operandi retrouvés dans des contextes bien différents : « vous ne produisez pas assez, vous pouvez faire mieux, faites plus d’efforts! ». Cela vous rappelle quelque chose?

Mais, au final, la souffrance psychique semble n’être que flêmardise et les malades mentaux n’ont besoin que d’un bon coup de pied aux fesses pour guérir! 

Duarte Rolo