La nuit sécuritaire, pétition contre l’utilisation de la psychiatrie comme outil sécuritaire

Affiche mai 68

A la suite du discours de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie, jugée extrêmement choquant et qui assimile en pratique les malades mentaux et les délinquants dangereux, une pétition a été lancée pour s’opposer à l’utilisatoin de la psychiatrie comme « outil de gestion sécuritaire » . Le Samedi 7 février 2009, lors du meeting de « la nuit sécuritaire » à Montreuil, l’assemblée « des 1789 » présents a approuvé le manifeste. Il va sans dire que Paradoxa soutient cette initiative.

La pétition, ouverte à tous les citoyens,commence par ces mots:

« Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».

Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte. »

Pour lire la pétition dans son intégralité.

A voir également : le site de la nuit sécuritaire et les interventions du 2 Février.

Journée Utopsie « clinique et politique », le 14 Mars

 Les prochaines journées d’Utopsie, ayant  pour thème « clinique et politique » auront lieu le 14 Mars prochain à la « Maison de l’arbre » à Montreuil, 9 rue François Debergue (Métro Croix de Chavaux).

Ces journées s’inscrivent dans les suites des réactions aux réformes engagées par le gouvernement sur la psychiatrie (voir à ce propos l’article l’appel des appels). Les intervenants s’interrogeront sur les « exigences éthiques minimales sur lesquelles il s’agit de ne pas céder ».  

Vous pouvez vous inscrire sur le site collectif psychiatrie. Pour notre part, nous espérons pouvoir y assister et vous en rendre compte prochainement.

 

Le programme de la journée clinique et politique

Des « charmantes têtes blondes » aux « graines de crapules »

Nous partirons des manifestations échappant quelque peu à la nosologie classique: troubles de l’apprentissage, du comportement et autres carences. Devons nous considérer leur médicalisation à outrance, le tout éducatif et la judiciarisation comme des ratés d’une prise en charge dont les alternatives restent à inventer? Quels en sont le effets dans la réalité quotidienne, comment soutenir des espaces de travail possibles ?

Handicapés du soin? »

Quelles sont les spécificités du travail avec les enfants dits « handicapés mentaux » qui se trouvent « orientés » vers le secteur médico-social? Comment combattre le clivage politique qui met d’un côté les malades à soigner et de l’autre les handicapés à rééduquer ? Comment faire pour que Subjectivation et Parole puissent être accessibles à tous ?

Aux marges: précarité et déviance »

Quel mode de traitement actuel des patients exclus (ou résistants?) des prises en charges

conventionnelles? Comment penser le soin psychique en prison et dans la rue? Faut il y voir un

mode particulier de gestion de la folie, de la maladie chronique, d’une certaine clinique ou n’est ce que le symptôme insistant de la déchirure du lien social ?

« On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants» nous répète sans cesse Lucien Bonnafé.

Forum de « La nuit sécuritaire »

« Nous sommes tous des schizophrènes dangereux » fut le mot d’ordre lancé par le collectif des 39. Au delà de la formule, c’est de « la valeur humaine (ou non) de la folie » dont il est question dans la réforme actuelle de la psychiatrie.

Les 39, dont nous sommes partie intégrante, feront un point sur l’actualité, les actions en cours et à venir (circulaire du 22 janvier 2009 sur la sécurisation des hôpitaux psychiatriques, rapport Couty, réforme de la loi de 1990, projet de loi sur la psychiatrie au printemps).

Dé-formation[s]?

Enfin, nous interrogerons les spécificités de la formation dans le champ du psychique pour les

infirmiers, psychologues, éducateurs, internes.

A l’heure où tout semble évaluable, formation comprise, par des experts étrangers aux réalité du
travail concret, quelles pourraient être les modalités d’enseignement et de transmission respectueuses de l’hétérogénéité de nos pratiques, des patients-usagers et de leur famille?

Donald Winnicott. La préoccupation maternelle primaire

Cet article est issu d’un mémoire de fin d’étude d’éducateur spécialisé, rédigé par Alexandra Joly.

Picasso. Mere et enfant 1921-1922.
Picasso. Mere et enfant 1921-1922.

Donald Winnicott a abordé, dans l’ensemble de ses ouvrages, le thème de l’interaction entre l’individu et l’environnement, principalement avec sa mère.

Dans Le bébé et sa mère[1], D. Winnicott attribue une grande importance à la mère et sa fonction maternante. Il explique les processus qui interviennent au début de la vie du nourrisson et souligne l’unité qui lie le bébé à sa mère dans les premiers mois de sa vie. Le bébé a le sentiment de ne faire qu’un avec sa mère.
La mère a des compétences innées et développe une intuition concernant les besoins et les désirs de son enfant. L’essentiel des pensées maternelles va au confort du nouveau-né. C’est ce que l’auteur appelle « la préoccupation maternelle primaire ». Il s’agit pour la maman de s’adapter à la vie avec un enfant et d’adapter celui-ci au monde nouveau qu’il découvre à travers elle.
Dans leur relation duelle, un processus se met en place : la mère s’identifie à son enfant (en restant adulte) et le bébé s’identifie à sa mère. C’est ce que l’auteur nomme : l’identification primaire. Pour l’auteur, c’est lors de ce moment que tout commence, et que le mot être (ou exister) prend sens.

La mère a également un rôle fondamental concernant l’existence psychosomatique de son bébé. En effet, il ne peut se développer correctement sans la présence d’un être humain qui participe au Holding et au Handling :
– le Holding ; qui est l’art de porter physiquement et psychiquement le bébé.
– le Handling ; qui est la manière d’être concrètement en contact avec le bébé, dans les soins très fin du maternage.
– l’Object Présenting ; renvoi à la manière dont la mère propose le monde à l’enfant. C’est la capacité de la mère à mettre à disposition de l’enfant l’objet, pour lui permettre d’avoir l’impression de l’avoir crée.

D. Winnicott ajoute « si on part du principe que la mère est en bonne santé psychique (et que tout se passe bien) elle établit aussi les bases de la force de caractère et de la richesse de la personnalité [2] »

Par la suite, l’enfant pourra progressivement ressentir et affirmer son autonomie, grâce aux processus de maturation dont il a hérité.
La relation privilégiée que le bébé a avec sa mère est donc fondamentale pour son bon développement et processus de maturation.
L’auteur précise que, même s’il concentre essentiellement son discours sur les bébés et la manière dont les mères s’en occupent, cela n’exclue pas les enfants un peu plus âgés. Ils n’auront pas besoin des soins d’un nouveau-né mais parfois, l’enfant plus grand, redevient bébé pendant quelques minutes ou quelques heures. Par exemple, un enfant tombe, sous le choc il se met à pleurer et se dirige vers sa mère. Celle-ci le prend instinctivement dans ses bras, de façon calme et vivante à la fois, pour le consoler. Puis, une fois les larmes séchées, l’enfant découvre sa mère, qui par la suite le pose à terre tout naturellement.
Cet exemple illustre le fait que l’enfant, même plus âgé, aura toujours besoin de soins et d’attention que l’on retrouve dans la relation primaire, pour qu’il puisse se sentir en sécurité et continuer à avancer.

Alexandra Joly

1. D. Winnicott, Le bébé et sa mère, Payo, 1992
2. Ibid, p 45

Mis en page par Vincent Joly

Psy à Paris pour enfants et ados

Sarkozy et la recherche

Aujourd’hui plusieurs milliers de chercheurs, enseignants et étudiants ont manifesté à travers tout le pays pour protester contre les réformes du gouvernement Sarkozy-Fillon concernant l’enseignement et la recherche.

De plus en plus la mobilisation gagne du poids, notamment à travers le net grâce à des sites comme Sauvons la recherche et Universités en lutte.

paradoxa soutien bien entendu ces initiatives dans leur volonté de combattre l’attaque destructrice de Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy contre la recherche en France.

Nous vous laissons ici la video produite par des chercheurs et devenue désormais célèbre, à la suite du discours du Président de la République.

L’Appel des appels : mobilisation du 31 janvier

L’équipe de paradoxa a pu « infiltrer » un de ses membres lors de la journée de mobilisation de « l’Appel des appels » qui s’est déroulée le 31 janvier au 104, à Paris.

Malheureusement cet « infiltré » n’est arrivé qu’à la  fin des débats, pour les derniers témoignages et les conclusions de la journée.

Il en ressort une vive critique du chemin que prennent aujourd’hui les secteurs de la santé, de la culture, de l’enseignement et de l’éducation nationale. Les professionnels de l’ensemble de ces secteurs témoignent tous d’un profond malaise et de conditions de plus en plus précaires pour exercer leur travail. De la marchandisation de la santé ou de l’éducation, aux procédures de normalisation sociale ou aux dérives sécuritaires, tout semble nous diriger vers un écrasement de l’humain et des valeurs fondatrices de ces métiers.

C’est ainsi qu’un appel à la poursuite de la mobilisation est  lancé, à travers le communiqué disponible sur le site.

La résistance vient de commencer, rendez-vous le 21 mars 2009.